action faite de soi meme sans reflexion

Laculture permet à l'homme de s'élever au-dessus de lui-même. La culture est une aspiration à la liberté, elle suppose un recul par rapport aux événements, aux hommes et aux Faireson bilan de compétences soi-même nécessite une recherche d’informations à chaque étape clé. Pour établir votre bilan de personnalité par exemple, n’hésitez pas à solliciter vos proches pour obtenir un regard extérieur et un avis différent.La collecte d’informations sur les métiers, les formations, sur une orientation TOP10 des citations soi-même (de célébrités, de films ou d'internautes) et proverbes soi-même classés par auteur, thématique, nationalité et par culture. Retrouvez + de 100 000 citations avec les meilleures phrases soi-même, les plus grandes maximes soi-même, les plus belles pensées soi-même provenant d'extraits de livres, magazines, discours ou d'interviews, répliques de Autrementdit, l'altruisme ne suffit pas à définir l'action morale : pour qu'elle soit morale, mon action doit être faite sans aucune considération d'intérêt – ni le mien, ni celui des autres –, mais seulement parce que je sais qu'elle correspond à ce que je dois faire.On ne peut pas être moral en agissant « conformément au devoir », c'est-à-dire qu'il ne suffit pas de faire le Vousavez l’impression de n’avoir aucun avis sur rien. De n’avoir rien à dire. De manquer totalement d’affirmation de soi. Alors vous essayez de ne pas trop vous faire remarquer. De Quand Ils Sont Sur Un Site De Rencontre. La notion de karma est généralement comprise comme l’effet en retour des actes sur la personne même qui les a commis. Mais est-ce bien ce dont il est question ? Le mot karma » s’est largement répandu dans notre monde contemporain, que l’on soit ou non adepte de disciplines orientales telles que le yoga ou le bouddhisme. C’est mon karma, c’est ton karma » ce type d’expression passe dans le langage courant, au sens de destinée, ainsi que les Inconnus chantaient, en 1991, une parodie de rap C’est ton destin ! ». Mais la notion – éventuellement avec une bonne dose de naïveté voire de superstition – de l’effet en retour des actes sur la personne même qui les a commis a un caractère universel. Le paradis, l’enfer, le purgatoire, en fonction des mérites ou démérites acquis par nos actions Il ne l’emportera pas au paradis », dit-on. Ou encore Mais comment ai-je pu être touché par cette grave maladie, alors que je fais du yoga et ai une très bonne hygiène de vie ? » Qu’en penser ? L’acte de faire » La racine sanskrite kṛ, à l’origine de nombre de mots sanskrits, désigne l’acte de faire », au sens le plus large. Nous la retrouvons dans le français créer ». Le nom même de la langue sanskrite est construit sur cette racine, désignant la langue parfaite, complète, parachevée parfaitement et complètement faite ». Citons dans le Yoga Sūtra, entre autres le kriyā yoga 1 – noyau actif quotidien de la pratique ; les saṃskāra 2 – sillons, tracés dans nos différents corps par les évènements qui nous ont marqués, engendrant une forme de répétition du même type de fonctionnement ; le mot même de karma employé au 4e chapitre et sur lequel nous reviendrons. Influence du passé À propos du mot karma 3, commençons par un sens qui n’est pas le premier mais qui, utilisé dès les textes védiques, concerne l’influence de notre passé sur notre vie actuelle maturation vipāka des actes antérieurs, d’où leur rétribution ; accumulation de mérites et de fautes y compris au cours des existences passées, si l’on croit à la réincarnation ; reliquat des conséquences bonnes ou mauvaises à subir pour les actes passés. Selon Tara Michael 4 à propos du jñāna yoga De même que la flèche décochée par un chasseur, même s’il s’aperçoit une seconde trop tard d’une erreur de tir, ne peut plus être arrêtée dans sa course et doit fatalement atteindre la cible visée, le karman qui a déjà commencé à fructifier prārabdha doit inéluctablement produire ses résultats jusqu’au bout. » Les actions du yogi ne sont ni blanches, ni noires, ni grises ». […] il s’est suffisamment transformé pour pouvoir poser des actes dont les conséquences sur autrui seront d’un ordre différent » Accent sur les traces On peut dire que ce point de vue met l’accent sur les traces, les saṃskāra évoqués ci-dessus. Pour Patañjali, l’auteur du Yoga Sūtra, la méditation sur celles-ci est en effet un moyen d’acquérir un savoir sur le passé personnel, de se rapprocher de l’origine de ce qui se répète en nous – YS III. 18 5 orientation pour l’investigation qui, dans le texte du Yoga Sūtra, est proposée tout en ne semblant pas plus valorisée que celles qui permettraient, par exemple, un nouveau savoir concernant l’organisation du corps, ou celle du système des étoiles, ou la possibilité de s’élever dans les airs, ou bien d’autres domaines encore… Cette conception du karma comme effet des actes passés comporte aussi l’idée que certains actes sont bons et d’autres mauvais. Or, dans le sūtra IV. 7 6, Patañjali évoque la situation particulière du yogi à cet égard ses actions ne sont ni blanches, ni noires, ni grises ». Il est sous-entendu qu’il s’est suffisamment transformé pour savoir poser des actes dont les conséquences sur autrui seront d’un ordre différent. D’une certaine manière, il échappe à la bipolarité entre Bien et Mal dont l’évaluation comporte une grande part subjective. Que disent de nous nos actes ? Alors revenons maintenant aux traductions essentielles de ce terme acte rituel ; tout acte, action, œuvre ; travail, activité. L’action, l’acte. C’est à chaque instant que nos actions disent quelque chose de nous et il y a là quelque chose à observer sans relâche. Nos paroles aussi peuvent être des actes au sens où elles viennent faire de l’effet autour de nous. Que nous disent, sur nous-mêmes, nos actions qui réussissent, celles qui ratent, celles qui dévient du projet initial, qui sont freinées, bloquées, les préméditées et celles qui échappent à toute préméditation consciente ? Desikachar savait bien que les actions peuvent rater, d’où sa traduction particulière – Soyez préparés » – à propos du sūtra II. 16 heyam duhkham anāgatam, le plus souvent rendu par La souffrance à venir peut et doit être évitée. » Les saṃskāra – sillons, tracés dans nos différents corps par les évènements qui nous ont marqués. » Coupure Jacques Lacan distinguait radicalement l’action et l’acte. La première peut être connotée par les critères du bon ou du mauvais, elle peut être automatique, utilitaire… Seul l’acte fait coupure en conséquence après qu’il ait été posé, ce n’est plus comme avant tel le passage décisif du Rubicon par Jules César. Ses conséquences sont irréversibles et le sujet ne peut pas s’en défausser ; c’est la question de la responsabilité et de l’éthique. C’est par l’acte que le yogi est censé être concerné. Ainsi, particulièrement, le professeur de yoga, vis-à-vis de son élève, dont il vise à catalyser » la transformation – cf. nimitta karaṇa, YS IV. 3 7. Les qualités de l’acte D’ailleurs la traduction de karma comme acte rituel » apporte une réflexion sur le soin accordé aux actions avec, à défaut de faire le bien », une recherche du bien faire », en trouvant le bon processus. Acte rituel en ce sens, non pas avec l’attente de récompenses comme dans les sacrifices védiques mais avec un détachement par rapport à ses fruits, comme dans la Bhagavad Gītā. Ce dernier texte affirme d’ailleurs qu’on ne peut pas ne pas agir, mais qu’il y a des qualités à trouver à l’acte ; et il nous invite à agir conformément à notre singularité svadharma. L’acte a toujours des conséquences, à assumer, prévisibles ou imprévisibles, au-delà du bien et du mal. Cherchons à le poser en étant au plus juste de ce qui peut être perçu, soupesé avec et sans l’intellect, avec le ressenti du corps, du souffle, des mouvements intérieurs. Nous nous sommes ainsi éloignés de la notion de destin, pour passer à celle de l’action reflet de soi, et de l’action responsable, que nous pouvons toujours approcher davantage. Ne jamais savoir Et puisque cette interrogation sur la notion de karma trouve place dans ce numéro consacré particulièrement au concept de santé, proposons-en l’application suivante Les actes que nous posons dans notre vie peuvent certes avoir une incidence sur notre santé nous y avons une part de responsabilité et il est indéniable que nous nous donnons plus de chances de trouver un équilibre satisfaisant en prenant au sérieux les facteurs réputés être à contrôler cf. āgama et nos ressentis propres cf. pratyakṣa, en réfléchissant aussi sur nos réactions cf. anumāna, en agissant en conséquence. Mais nous ne pourrons jamais savoir, au fond, à quel point les hasards de la génétique, des évènements vécus, des rencontres environnementales et personnelles, des affects traversés du fait des circonstances… jouent sur notre santé. En quelque sorte, nous sommes responsables mais pas coupables ». Ici aussi, un détachement est nécessaire. Laurence Maman Formatrice IFY 1 Yoga Sūtra de Patañjali, II. 1, traduction Laurence Maman tapas-svādhyāya-īśvarapraṇidhānāni kriyāyogaḥ Le travail du yoga a comme composantes une discipline ardente, l’étude de soi et du Soi » et l’abandon du fruit des actes à ce qui nous dépasse ». C’est l’établissement de cette pratique, dont la première composante est une action sans tiédeur, qui ouvre la voie à tout le processus de transformation du yoga. 2 de saṃ-kṛ préparation ; fait de faire subir un traitement ; sacrement ; éducation ; impression ; prédisposition. Dans ce terme notons sa proximité avec le terme sanskrit » est présente une connotation d’action s’étant complètement saṃ- développée. Les rituels – y compris ceux qui rythment la journée des hindous – sont des saṃskāra, de même que le sont, en yoga, les habitudes voire automatismes générés par les expériences passées. 3 Dictionnaire sanskrit-français en ligne Gérard Huet, Héritage du sanskrit. Site 4 Tara Michael, Introduction aux voies de yoga, éditions du Rocher, 1987, 237 pages. 5 YS III. 18, traduction François Lorin saṃskāra sākṣāt karaṇāt pūrva jāti jñānam Lorsqu’on voit ses habitudes directement, on connaît ses naissances passées ». Pas nécessairement les vies passées il peut aussi s’agir d’évènements vécus à une période antérieure de notre vie. 6 YS IV. 7, traduction François Lorin karmāśuklākṛṣṇam yoginaḥ trividhamitareṣām Pour les yogis, les actes ne sont ni bons ni mauvais ; pour les autres ils sont de trois sortes. » 7 YS IV. 3, traduction François Lorin nimittam aprayojakam prakṛtīnāṃ varaṇabhedastu tataḥ kṣetrikavat La cause instrumentale est sans effet sur les potentialités de l’énergie et de la matière, mais elle entraîne une destruction des obstacles comme un paysan rompt la digue qui retient l’eau. » L’acte du guide en yoga est de creuser un trou au bon endroit pour que les potentialités de l’élève se fraient un chemin. Andrea Piacquadio S’accepter, s’estimer est le plus grand défi qui soit, mais, aussi le plus important de tous. Souvent fluctuante, l’acceptation de soi est essentielle pour ton bien-être mental et émotionnel. Pourtant, il nous est arrivée à toute à un moment où un autre de douter de nous-mêmes, de moins nous aimer 💔 voir pour certaines de se détester. Or, l’acceptation de soi est ton super pouvoir, c’est ta force qui te permettra d’agir, d’avoir confiance en toi et d’affirmer la personne que tu es. Sans acceptation de soi tu ne pourras aller bien loin dans tes projets et tu ne te sentiras jamais en paix avec toi-même. À travers cet article je voudrais que tu comprennes l’importance de s’accepter et te donner quelques clés pour t’aimer tel que tu es. 1 . L’importance de s’accepter. Andrea Piacquadio Quelle image as-tu de toi-même? Quel regard portes-tu à ton encontre? L’image que tu as de toi-même est-elle positive ou négative? Concrètement, t’acceptes-tu? Es-tu fière de qui tu es aussi bien sur le plan physique que mental? Les réponses à ces questions sont elles positives ou négatives? Si tes réponses sont négatives c’est que tu ne t’acceptes pas et cela va poser ou pose déjà des problèmes pour t’aimer croire en tes compétences et en tes réussites avoir une vie personnelle et affective épanouie agir, entreprendre prendre des décisions oser malgré la peur prendre ta place avoir des relations harmonieuses oser dire les choses, exprimer clairement tes idées etc … Si tu ne t’acceptes pas voici peut-être comment tu te comportes tu n’oses pas agir tu as peur de l’échec tu as des pensées négatives tu ne t’affirmes pas face aux autres tu as une mauvaise image de toi-même tu as un mal-être tu as des relations difficiles tu te fais des reproches intérieurs tu te sens inférieur aux autres tu te déprécies tu te sens incapable d’accomplir des choses tu procrastines etc… 2. Comment s’accepter S’accepter physiquement Voilà qui est bien compliquée parfois. Nous avons toutes connu une période dans notre vie où l’on se sentait moins bien, moins à l’aise dans notre corps. Notre regard face à notre miroir est souvent bien négatif et très critique. Ce qui n’est pas évident non plus c’est d’être sans cesse en comparaison avec les autres. En voyant partout sur les réseaux sociaux, la télé, les magazines, etc … des femmes à la silhouette parfaite voire refaite cela n’aide pas à nous accepter comme il se doit. Pourtant, s’accepter c’est apprendre à renouer avec son corps. Le problème quand on ne s’accepte plus physiquement c’est que bien souvent nous avons rompu notre lien avec celui-ci. Fais une pause et prends le temps de te poser certaines questions Est-ce que je nourris mon corps correctement? Est-ce que je mange trop ou pas suffisamment? Est-ce que je prends le temps de prendre soin de lui? Est-ce que je le bouge suffisamment? Est-ce que je fais du sport? Est-ce que je dors suffisamment? Est-ce que j’ai l’énergie nécessaire tout au long de la journée? Même si tu ne dois pas te concentrer uniquement sur le physique et oublier tout le reste, ton corps est ton véhicule sur cette terre. Il faut le chouchouter, le maintenait en forme le plus longtemps possible. Se sera lui qui te fournira l’énergie nécessaire pour accomplir tout tes projets. Ton corps n’est peut-être pas l’image parfaite que tu vois sur Instagram, mais aie de la gratitude car tu es debout, tu respires, tu es en bonne santé , etc .. Accepte ses petits défauts qui sont les marques de la vie et prends le temps de renouer avec lui. N’oublie que ton corps est une machine merveilleuse et plus tu t’accepteras et plus te te sentiras bien dans ta tête. Repense à une période de ta vie où tu te sentais bien dans ta peau, comment étais-tu? Quel étais ton poids? Comment mangeais-tu? Que faisais-tu de tes journées? Avais-tu une activité physique? Marchais-tu plus souvent? Comment te sentais-tu moralement? etc .. Fais le point et mets en action un plan pour modifier ce qui doit être changé. 2. S’accepter en tant que personne Chacun de nous possède des qualités et des points forts et chacun de nous a une autoévaluation de sa propre valeur. Nous avons tous un jugement positif ou négatif de notre propre personne. Celui-ci se construit pendant l’enfance et évolue tout au long de notre vie. Le premier point à travailler serait d’être en accord avec ses valeurs. Bien souvent, lorsqu’on ne s’accepte pas c’est que notre vie n’est pas en adéquation avec nos valeurs. Or celles-ci sont notre moteur interne. Liste toutes tes valeurs et regarde si ce que tu accomplis dans ta vie, ta manière de vivre sont en accord avec celles-ci. Autre point à travailler est de faire la liste de tes qualités car bien souvent on se fixe sur nos défauts et on en oublie nos qualités. Il faut que tu prennes conscience de tes points forts et surtout note à côté de chaque qualité ce qu’elle t’a permis d’accomplir dans ta vie. Parfois il est compliqué d’être en paix avec soi-même à cause de blessures du passé et des schémas que nous répétons et qui ravivent ces blessures. Celles-ci sont la cause de croyances bien ancrées au plus profond de soi. Par exemple, tu as entendu plus jeune que l’école n’était pas faite pour toi et du coup tu t’es persuadée que tu n’étais pas capable d’apprendre quoique se soit, voire même que tu n’étais pas intelligente. Ceci est une croyance que tu as prise pour acquise, tu la crois véridique et du coup tu t’empêches de faire certaines choses et cela contribue à t’empêcher de t’accepter. Liste toutes tes croyances et si elles sont négatives trouve une alternative positive. Tu n’es pas ce que les autres ont pensé de toi à un moment donné, ni une situation dans laquelle tu t’es retrouvée. Idem pour tes échecs, ce n’est pas parce qu’un moment donné tu as échoué dans quelque chose que tu es nulle ou incapable de le faire. Ne les laisse pas avoir une image négative de toi. Tout le monde échoue à un moment donné dans sa vie et il faut voir cela comme un tremplin vers la réussite. Liste tous tes échecs et note à côté ce que cela t’a appris et quelle leçon en tirer. Conclusion N’oublie pas que s’accepter est ton super pouvoir. C’est la clé de ta réussite, de ton succès de vie, de ta paix intérieure et te donnera les forces d’accomplir ce que tu souhaites. N’oublie pas que tu es unique et spéciale, ne te concentre pas sur tes faiblesses, mais sur tes forces. Lâche prise sur ce que tu ne peux changer comme ton passé et prends en main ton futur. Deviens ta meilleure amie lorsque tu penses quelque chose de négatif à ton sujet et remplace cette pensée par quelque chose de positif et constructif. Tu as la force et les capacités en toi pour être et devenir celle qui se cache au fond de toi, accepte qui tu es et chérie-toi. 😉 Et toi, as-tu compris à quel point l’acceptation de toi est ta force? Codycross est un jeu mobile dont l'objectif est de trouver tous les mots d'une grille. Pour cela, vous ne disposez que des définitions de chaque mot. Certaines lettres peuvent parfois être présentes pour le mot à deviner. Sur Astuces-Jeux, nous vous proposons de découvrir la solution complète de Codycross. Voici le mot à trouver pour la définition "Action faite de soi-même, sans réflexion" groupe 138 – grille n°1 spontanee Une fois ce nouveau mot deviné, vous pouvez retrouver la solution des autres mots se trouvant dans la même grille en cliquant ici. Sinon, vous pouvez vous rendre sur la page sommaire de Codycross pour retrouver la solution complète du jeu. 👍 Il est bon de redire que l'homme ne se forme pas par l'expérience solitaire » Alain Penser c'est s'interroger sur le sens, la valeur et le fondement de nos affirmations. Par définition l'acte de penser est reprise critique des opinions, examen donc distanciation d'avec tout ce qui représente dans l'immédiat un risque d'aliénation pour l'esprit. Faire l'effort de penser ou conquérir la liberté de l'esprit c'est une seule et même chose. La question est de savoir si une pensée libre est une pensée solitaire. Le seul » de l'expression penser par soi seul » peut en effet connoter l'idée de fermeture à l'autre ; d'enfermement dans les frontières d'une particularité empirique. Si le sujet de la pensée est un ego coupé de toute forme de dialogue avec l'autre, s'il est soustrait à tout espace de délibération publique où s'affronte la pluralité des opinions humaines y a-t-il sens à concevoir ce sujet comme un sujet libre ? Et ce sujet ne s'abuse-t-il pas sur lui-même s'il croit être le sujet de sa pensée ? C'est d'ordinaire ce que les hommes prétendent. Ils imaginent qu'ils sont libres lorsqu'ils expriment leurs opinions et ils croient que celles-ci sont la manifestation d'une pensée personnelle. Or n'y a-il pas là une illusion ? En quoi la pensée solitaire est-elle une pensée aliénée, voire une absence de pensée ? Mais alors qu'est-ce que penser et pourquoi la pensée libre est-elle nécessairement dialogique ? Pour autant peut-on concevoir un acte de penser qui ne s'effectue pas dans la solitude d'une intériorité spirituelle ? Même quand j'examine avec l'autre ou que je déploie en public mon effort de penser n'est-ce pas moi-même et moi seul qui suis le sujet de ma pensée ? Si soi seul » signifie soi-même » penser ou penser librement n'est-ce pas nécessairement penser par soi-même ? méthode voyez comment l'introduction pose avec précision le problème en interrogeant l'énoncé. Le traitement dialectique de la question est annoncé dans les propositions en gras Une pensée solitaire est-elle une pensée libre Thèse Non c'est une pensée aliénée. Alors en quoi consiste la pensée ? Un processus dialogique antithèse une pensée libre est une pensée ouverte sur l'altérité. Dépassement la contradiction s'explique par une confusion penser par soi seul » n'est pas synonyme de penser par soi-même » 1 une pensée solitaire est une absence de pensée ou une pensée aliénée. Il y a plusieurs types de solitude et il ne faut pas confondre celle que l'on recherche pour différentes raisons et celle à laquelle certains sont condamnés parce qu'ils sont privés de tout contact humain. La première est volontaire, la seconde subie. Dans l'une on se retire momentanément du commerce avec les autres, dans l'autre ce mouvement de repli n'a aucun sens car elle est synonyme d'isolement. Ainsi, si la solitude choisie est toute bruissante de la présence des autres dont elle tire sa richesse et sa fécondité, l'autre correspond à un état déshumanisant, condamnant celui qui y est soumis au désert intérieur et à une forme de nuit. Les capacités mentales exigeant certaines conditions pour pouvoir s'exercer, il est urgent de comprendre qu'une pensée solitaire est une contradiction dans les termes. Elle équivaut à une absence de pensée. En effet La pensée implique le langage or le langage renvoie à la nature fondamentalement sociale de l'homme. Nous parlons à d'autres qui nous parlent. Sans la présence des autres qui nous apprennent à parler et au milieu desquels nous développons nos aptitudes humaines nous ne devenons pas un homme sur le plan mental. Privé des apprentissages linguistiques, des échanges humains l'enfant est condamné à l'hébétude intellectuelle. Ce qu'illustre l'exemple de Victor, l'enfant sauvage de l'Aveyron. La description qu'en fait le savant Itard souligne son inertie mentale. Il est bien ce que Rousseau avait analysé de manière purement spéculative un animal stupide et borné ». Victor ne pense pas davantage qu'il ne parle. L'illusion consiste à croire que la pensée préexiste au langage, qu'il y a une pensée intérieure, extérieure aux mots. En réalité on pense dans des mots parce qu'en dehors des signifiants qui les visent les signifiés n'ont aucune réalité pour nous. Or les mots sont une institution sociale. Mais apprendre une langue, être formé dans un milieu culturel, c'est apprendre une manière de penser le réel comme la société à laquelle j'appartiens le pense. Ainsi quand je crois penser tout seul ou quand je crois que ce que je pense spontanément est l'expression de ma pensée personnelle je témoigne seulement que je n'ai pas conscience d'être le produit de divers conditionnements sociaux. Je les ai si bien intériorisés qu'ils sont devenus des habitus » selon la formule de Bourdieu. Le sociologue appelle ainsi des dispositions de pensée ou d'action, héritées du milieu social mais si bien assimilées qu'elles sont vécues comme naturelles. Il s'ensuit que le soliloque d'une pensée spontanée est la caisse de résonance de ce que Platon appelle la caverne. > conclusion-transition Il n'y a pas de véritable pensée solitaire. Coupé de tout commerce avec les hommes, l'homme n'éclot pas comme sujet pensant. Il ne prend possession de ses aptitudes intellectuelles qu'au sein d'un milieu social. Mais ce milieu commence par le conditionner. Ses premières pensées sont donc des opinions et il n'y a pas de pensées personnelles en ce sens. D'une part parce qu' opiner n'est pas penser, d'autre part parce que le sujet d'une opinion n'est pas le sujet pensant c'est tout ce qui, à son insu, le détermine et l'aliène. Alors qu'est-ce que penser et pourquoi la présence des autres affleure- t elle toujours dès qu'il y a activité pensante ? 2 Une pensée libre est une pensée dialogique. Penser c'est examiner, interroger parce que quelque chose fait problème pour l'esprit. Or si le réel est en soi matière à étonnement, ce qui l'est encore plus c'est la multiplicité et la diversité des interprétations humaines d'une même réalité. L'esprit ne se sent pas chez lui dans un monde où l'on peut dire une chose et son contraire de quoi que ce soit. La contradiction est un scandale pour un esprit qui se respecte lui-même car un principe fondamental de la raison humaine est l'exigence de non contradiction. L'expérience de la contradiction est ainsi un puissant aiguillon de la pensée, ce qui la met en demeure de s'exercer. Mais seul peut contre-dire un autre sujet pensant. Il s'ensuit que c'est au milieu des autres, qu'on peut être en situation de s'éveiller à l'effort de penser. Le penseur n'est pas un solitaire, c'est un être en débat avec lui-même parce qu'il est en débat avec les autres, même si ceux-ci ne sont pas présents physiquement. La pensée ne peut pas être solitaire non plus au sens où elle a besoin de l'accord des esprits pour s'assurer d'elle-même. Qu'est-ce, en effet, qui nous sauve de l'arbitraire d'une mythologie personnelle, de la clôture de ce que Kant appelle une singularité logique » ? C'est l'accord des autres sujets pensants. Le seul caractère général de l'aliénation est la perte du sensus communis et l'apparition d'une singularité logique sensus privatus ; par exemple un homme voit en plein jour sur sa table une lumière qui brûle, alors qu'un autre à coté de lui ne la voit pas ; ou il entend une voix qu'aucun autre ne perçoit. Pour l'exactitude de nos jugements en général et par conséquent pour l'état de santé de notre entendement, c'est une pierre de touche subjectivement nécessaire que d'appuyer notre entendement sur celui d'autrui sans nous isoler avec le nôtre, et de ne pas faire servir nos représentations privées à un jugement en quelque sorte public » Anthropologie du point de vue pragmatique. Aliéné, dit Kant, celui qui prétend qu'on peut penser tout seul. Il faut frotter sa cervelle à celle d'autrui et se soucier de l'accord des esprits pour échapper à la folie. Le présocratique Héraclite disait de même Pour les éveillés il y a un monde un et commun. Mais parmi ceux qui dorment chacun s'en détourne vers le sien propre » Fragment 89 Le début du fragment 114 dit aussi Ceux qui parlent avec intelligence, il faut qu'ils s'appuient sur ce qui est commun à tous... » La pensée ne peut donc pas être solitaire parce qu'elle vise la vérité, or la vérité est reconnaissable par un autre sujet pensant ou elle n'est pas la vérité. Voila pourquoi toute prétention à l'universel exige selon la seconde maxime kantienne de penser en se mettant à la place de tout autre ». La pensée solitaire est une pensée étriquée, étroite ; c'est une caricature de pensée. La pensée est une pensée élargie ou elle n'est pas une pensée. >conclusion-transition Ces analyses pointent la dimension dialogique de la pensée. C'est pourquoi la dialectique est la démarche de la philosophie et la pensée le dialogue de l'âme avec elle-même » Platon Dans l'acte de pensée je ne suis ni un, ni seul, je suis plusieurs et je me fais à moi-même les objections que d'autres me feraient s'ils étaient présents. Je fais le détour par l'altérité parce que je cherche la vérité or la vérité n'est ni en moi ni en toi. Elle est notre bien commun. Quand nous voyons l'un et l'autre que ce que tu dis est vrai, quand nous voyons l'un et l'autre que ce que je dis est vrai, où le voyons-nous je te le demande ? Assurément ce n'est pas en toi que je le vois, ce n'est pas en moi que tu le vois. Nous le voyons l'un et l'autre dans l'immuable vérité qui est au-dessus de nos intelligences » écrit St Augustin. Les Confessions, XII, XXV, 35, Pléiade I, p. 1079. Le vrai dialogue est ainsi une relation à l'autre médiatisée par un tiers, ce tiers étant la transcendance du vrai. Il s'ensuit que la pensée libre n'est jamais la pensée solitaire, ignorante ou négatrice de l'altérité. C'est la pensée ouverte, s'effectuant dans l'horizon de l'universalité, l'universel étant ce qui dépassant la contradiction du moi et du toi permet de faire triompher le nous. Et pourtant si un "nous" peut advenir, cela ne peut jamais être autrement qu'à travers l'activité d'un moi. On ne peut penser que par soi-même et c'est parce que soi-même » ne doit pas être confondu avec soi seul » qu'il est possible de dépasser la contradiction qui faisait débat. 3 Penser c'est penser par soi-même et penser par soi-même c'est à la fois être seul et porter l'autre en soi. Nul ne peut penser à ma place l'intentionnalité pensante procède bien d'une intériorité personnelle. Il est même si vrai que la pensée est un acte solitaire qu'il faut souvent se recueillir dans son for intérieur pour penser vraiment. D'où la tendance des grands penseurs à faire retraite pour réfléchir sereinement. Montaigne se retire dans sa bibliothèque et Descartes s'isole en Hollande dans un poêle » pour écrire ses méditations. La solitude favorise l'attention et nous sauve de ce qui parasite souvent la rectitude de la pensée dans le dialogue avec l'autre le désir de plaire, la tentation de dominer ou de briller. Alain écrivait en ce sens L'homme pense en solitude et en silence devant les choses seulement. Dès que les hommes pensent en réunion, tout est médiocre. Pourquoi ? Parce que le souci de persuader et l'ardeur de contredire vont contre toutes les règles de l'investigation ». D'où le paradoxe la solitude est propice à la rigueur de la pensée puisqu'on ne pense jamais mieux que dans le retrait du commerce avec les autres pourtant cette même solitude serait le tombeau de la pensée si elle n'était pas irriguée par la présence des autres. C'est que le sujet d'un véritable acte de pensée est le sujet rationnel. Or la raison n'advient en chacun de nous que par de nombreuses médiations. Il y faut une solide formation intellectuelle, l'inscription dans un milieu social où la pluralité des opinions a droit de cité, une fréquentation de la pensée des grands maîtres, ceux sans lesquels il est difficile de nous approprier notre propre pouvoir de penser. On voit par là que les autres sont omniprésents dans le processus nous permettant de nous conquérir contre tout ce qui nous aliène. Il s'ensuit que le sujet qui déploie son mouvement dans la solitude d'un effort personnel n'est pas un ego coupé des autres. Il n'est lui-même qu'autant que grâce aux autres, il a découvert en lui la raison commune. Voilà pourquoi penser c'est bien penser par soi-même mais être soi- même c'est à la fois être seul et ouvert sur l'altérité. Conclusion générale La pensée libre est la pensée réfléchie et nul ne peut véritablement se mettre à distance de soi sans la médiation de l'autre. On ne commence pas par être le sujet de sa pensée on le devient. La pensée ne s'assure de la vérité que dans un effort personnel et dans la solitude d'un esprit en débat avec lui-même. Mais ce débat intérieur est la dramatisation du débat avec l'autre. Le sens grec du mot logos le dit éloquemment. Logos c'est à la fois la parole et la raison. Tant que notre parole n'est pas discours cad parole sensée, parole universellement communicable elle n'est pas encore parole véritablement humaine. Elle a l'arbitraire de ce qui renvoie au puéril ou au fanatisme. Elle n'est pas parole rationnelle et raisonnable. D'après Hegel, l'homme commence par une opinion personnelle, plus ou moins cohérente qu'il dénomme mythe. C'est le stade du monologue. L'idée de vérité n'est pas encore présente ou du moins explicitée. Mais les opinions bientôt se heurtent, le mythe en rencontre d'autres, les monologues s'opposent. Sous une forme ou sous une autre c'est le triomphe de la violence. Mais il arrive aussi qu'au lieu d'imposer leurs opinions par la force les hommes les confrontent, les discutent. C'est le passage du mythe à la science, du monologue au dialogue. La discussion fait la transition du barbare au philosophe, du pré homme à l'être proprement humain » Jean Lacroix Le sens du dialogue Revue "Tendrel" Retrouvez sur cette page des enseignements parus dans la revue "Tendrel" éditée par Dhagpo Kagyu Ling jusqu'en 2002. Se comprendre soi-même et s’ouvrir aux autres Jigmé Rinpoché Il y a de nombreuses façons d'aller à la rencontre de nous-mêmes et de découvrir qui nous sommes; dans le dharma, il y a aussi différents buts et différentes motivations. Pour trouver le chemin qui sera le nôtre, la première étape nécessaire sera de fonder la compréhension de notre esprit sur l'enseignement du Bouddha afin d'avoir une vision claire de nous-mêmes et des autres. Pour relier cet enseignement avec ce que nous sommes et notre activité quotidienne, nous commençons par l'étude et la réflexion. Notre projet est de vivre selon les règles du monde puis d'intégrer une vie spirituelle à travers une pratique concrète. Pour cela il est nécessaire de savoir où nous en sommes, quelle direction nous devons prendre et quel est le fruit attendu sur cette voie. Une fois que nous sommes clairs sur notre situation, notre destination et le sens de ce projet, nous pouvons nous engager concrètement sur la voie spirituelle. Le désir d'une vie spirituelle S'il est un terme qu'il nous faut clarifier, c'est justement celui de "spiritualité". Il est clair que notre souhait est de suivre une voie spirituelle, mais chacun de nous a sa version de ce qu'est le chemin spirituel. Si nous y réf1échissons, nous sommes confrontés à quelque chose de très vaste et il peut en résulter de la confusion car il n'est pas facile de cerner une telle notion. La question qu'il est nécessaire de se poser est "Pourquoi voudrais-je que ma vie soit spirituelle ?" La réponse va d'abord être individuelle, déduite de notre expérience passée et de notre situation actuelle. Cette situation est telle que si nous laissons l'ignorance en l'état, il n'y a pas de raison qu'elle s'arrête et que nous nous en libérions naturellement. Tant que l'esprit est dans l'ignorance, nous vivons une expérience de souffrance et d'insatisfaction et c'est ce qui va faire naître en nous le désir de sortir de cette ignorance. Nous pratiquons une voie spirituelle pour nous libérer de l'ignorance car nous voulons arrêter l'expérience de la souffrance. Voilà le but du chemin "se libérer de l'ignorance pour dissiper la souffrance". Ensuite, d'autres interrogations s'élèvent "que veut dire se libérer, et du reste, qu'est-ce que l'ignorance ?" Il est nécessaire de se poser ces questions car dès l'instant où nous aurons une vision d'ensemble de la voie, nous aurons des raisons justes de la parcourir. Sinon, nous restons sur une version personnelle de la spiritualité. Si on ne se libère pas de l'ignorance, on reste dans le samsara. Cela signifie que si nous espérons réaliser un but ordinaire, nous obtiendrons un bienfait immédiat, mais tôt ou tard, nous retournerons à notre situation d'origine. Quels que soient les buts ordinaires que nous souhaitons atteindre, nous n'avançons pas réellement et nous restons finalement dans la confusion. La pratique du dharma nous permet au contraire d'aller au-delà de ce cercle vicieux pour ne pas, à chaque fois, revenir à la case départ. L'approche du dharma Nous devons partir de nous-mêmes et de notre situation. Le problème, quand nous abordons le dharma, c'est que nous sommes en permanence en train de catégoriser et de ne voir qu'une partie, qu'un seul aspect des choses. Par exemple, quand nous voyons tel pratiquant heureux, nous apprécions le bouddhisme, par contre, si nous rencontrons un pratiquant déprimé qui délaisse sa pratique, notre impression n'est pas bonne. Nous approchons les choses uniquement à partir de certains aspects, à partir des apparences. Nous ne sommes pas très clairs car nos buts Sont toujours à court terme, temporaires et relatifs. Nous entendons parler de la compassion, de la sagesse et de la méditation et quand nous pratiquons, nous nous sentons un peu mieux, les problèmes se résolvent et nous sommes contents. Nous sommes heureux de pratiquer le dharma mais en même temps, nous n'en voyons pas les enjeux réels, de même que nous souhaitons être en bonne santé, mais nous mangeons n'importe quoi. Notre attention aux choses est occasionnelle si nous voulions être vraiment stricts, vraiment cohérents avec ce que nous voulons, ce serait beaucoup plus difficile. Si nous ne comprenons pas le sens essentiel du dharma, nous allons apprécier le dharma mais nous n'allons pas vraiment nous y investir de façon juste et il n'en résultera rien. Dans un premier temps, il est donc nécessaire de nous observer au quotidien, de commencer à prendre conscience de nos actes, de nos paroles, de nos pensées et de la manière dont nous rentrons en relation avec les différentes situations. Demandons-nous ce que nous voulons faire de tout cela avant même de vouloir accomplir ou transformer quoi que ce soit. Essayons de voir comment nous fonctionnons à l'intérieur de nous-mêmes et quelles sont nos motivations réelles, ce qui nous permettra de trouver une réponse de l'intérieur. Si nous plaquons sur nos questions une réponse venant de l'extérieur, cela générera de la confusion. Comprendre le sens du dharma Nous sommes animés par de nombreuses tendances, ce qui fait s'élever en nous des questions. Lorsque nous lisons ou nous écoutons un enseignement, nous sommes d'accord avec les instructions, la vision et les méthodes proposées. Mais aurons-nous le temps de les mettre en pratique ? Peut-être que nous avons trop à faire ou peut-être nous en sentons-nous incapables ? Dans l'approche de l'enseignement, il y a toujours trois étapes l'écoute de l'enseignement, la réflexion sur l'enseignement et la mise en pratique de la méditation. La deuxième phase, la réflexion, n'est pas facile. Au-delà du sens apparent et littéral qui est aisé à comprendre, il y a un sens profond dans le dharma qui est difficile à atteindre et à intégrer. Il est important de se demander, à la lumière du dharma, quelles causes Vont amener quelles circonstances. Si nous réfléchissons de cette façon, les doutes et les incertitudes Vont se dissiper progressivement. Pour induire ce processus de clarification sur nous- mêmes et sur ce que nous vivons, il est préférable de fréquenter la sangha, la communauté des pratiquants et des guides sur la voie. Cette communauté est essentielle parce qu'elle nous permet de communiquer, d'échanger, d'argumenter et d'éclairer notre expérience à partir de l'expérience des autres. Ainsi nous clarifions nos idées, notre vision des choses, et nous enrichissons notre compréhension. La pratique du dharma, la mise en œuvre des enseignements, et la rencontre avec la sangha, cet échange avec les autres pratiquants, tout cela va nous amener à voir beaucoup plus clairement ce que nous sommes. L'enseignement du Bouddha est là pour nous aider à nous comprendre nous-mêmes afin de mieux comprendre les autres. Mais si nous mettons l'enseignement en pratique sans vraiment faire le détour de la réflexion, nous allons rencontrer des difficultés pour trouver un sens véritable à cette démarche. Pour certains, le sens est compris directement et pour d'autres, il est nécessaire de réfléchir plus longuement. Cependant, il convient d'être attentifs car les approches plus élaborées intellectuellement peuvent avoir un attrait distrayant et être en fait une perte de temps. Du point de vue de la mise en œuvre concrète de l'enseignement, il est important d'aller à l'essentiel, et l'essentiel est simple. Il ne faut pas confondre complication et profondeur, sophistication et profondeur. Parfois, les instructions nous paraissent trop simples, nous ne sommes pas vraiment attentifs, nous les oublions ou nous ne les mettrons pas en pratique. Pour que le dharma ait un sens pour nous, il faut toujours le comprendre par rapport à nous-mêmes et à notre propre expérience. Il est donc nécessaire de nous comprendre nous-mêmes. Souvent, nous perdons le sens à cause d'une forme de lassitude. La première fois que nous écoutons le dharma, nous sommes étonnés, secoués même et nous sommes décidés à le mettre en œuvre. Puis nous réécoutons les enseignements et finalement, nous comprenons que c'est toujours la même chose qui est répétée. Ce sont toujours les mêmes instructions qui sont données et, progressivement, nous nous y habituons et nous oublions le sens réel de notre démarche. C'est pour cela que parfois nous commençons à chercher des approches plus sophistiquées car elles suscitent en nous un regain d'intérêt. Mais dans ce processus, nous perdons l'intérêt pour l'essentiel. Pour nous comprendre nous-mêmes, il ne s'agit pas d'obéir à des obligations et à des interdits mais plutôt de nous inspirer des grands lamas. Si nous lisons les biographies de ces lamas, nous comprenons qu'au début ils sont comme nous, ils ont écouté le dharma puis ils l'ont mis en pratique. Il est important de suivre leur exemple et de conserver ce souhait naturel de parcourir la même voie, car ces maîtres sont une source d'inspiration qui nous montre la voie juste. Garder le sens du dharma Parmi les enseignements, il yen a un à propos de la précieuse existence humaine. Nous avons une précieuse existence humaine ce n'est pas une idée, c'est quelque chose de sérieux, d'essentiel même. Elle est précieuse dans le sens où nous avons, maintenant, la capacité et les circonstances pour aller à l'essentiel, pour accomplir ce qui est important dans cette vie. Lorsque le corps s'éteint, l'esprit continue son voyage et rien ne va arrêter l'esprit; par contre, les conditions favorables pour atteindre l'éveil durant ce voyage ne sont qu'occasionnelles. Une vie, cela ne dure pas si longtemps et le temps passe plus vite que nous le pensons. Cette vie-ci est importante, mais les vies suivantes le sont aussi. C'est une vue à plus long terme qui demande un peu de réflexion. Acceptons cette perspective plus vaste pour comprendre notre condition actuelle. Se préoccuper des vies suivantes peut paraître égoïste mais c'est en fait une démarche très pragmatique. C'est nous qui générons ce que nous vivrons après, c'est nous qui allons créer nos vies futures à partir de ce que nous sommes en train de faire et de la vision que nous développons maintenant. Soyons concrets et pragmatiques et voyons quelles sont nos peurs par rapport à l'avenir. Commençons par avoir de la compassion et de la bienveillance envers nous-mêmes. Prenant conscience de cela, notre vision va changer et nous allons agir autrement. Nous allons essayer d'utiliser ce que nous vivons maintenant de façon à être bienfaisants pour les autres et pour nous-mêmes. Nous allons faire de notre mieux pour éviter les actes qui engendrent de la souffrance et tout mettre en oeuvre pour dissiper la confusion. En d'autres termes, nous n'allons pas nous laisser piéger par l'ignorance et nous deviendrons de moins en moins dépendants du karma. Si nous allons au-delà des tendances dues au karma, notre action sera de plus en plus juste. Une action juste, dans le dharma, c'est une action qui prépare l'étape suivante. C'est une action qui n'est pas faite simplement pour elle-même, mais qui est faite dans la perspective de créer quelque chose de bénéfique pour nous et pour les autres. Avec cette compréhension-là, les complications que nous rencontrons au quotidien nous perturbent beaucoup moins. Etant moins perturbé, l'esprit est plus libre et plus disponible. Cette existence est précieuse dans le sens où nous avons le choix de la direction que nous voulons prendre. Ce choix va se faire sur la base de notre compréhension de ce qui est important. C'est pour cela que le point de départ de la pratique du dharma consiste à méditer sur la précieuse existence humaine, sinon nous restons dans une approche superficielle. Approfondir le sens du dharma Dans l'état intermédiaire, après le moment de la mort, l'expérience est complètement solitaire; nous sommes seuls, dans la confusion et il n 'y a personne pour nous aider. C'est pour cela que les grands maîtres du passé nous ont expliqué combien il est important de nous connaître nous-mêmes et d'appréhender le chemin par nous-mêmes. Nous serons toujours aussi seuls, mais c'est une solitude assumée qui nous permettra de continuer le chemin de façon moins confuse. Ensuite, si nous agissons négativement, nous générons des causes de souffrance c'est un processus parfois difficile à percevoir. Même si nous sommes d'accord avec l'enseignement, nous ne sommes pas lucides au point d'être constamment conscients de ce qui se passe. Par exemple, les vaches sont malades et il faut faire attention à la viande que nous mangeons si nous ne voulons pas devenir malades nous aussi. Nous faisons bien le lien entre la maladie de la vache et la viande et nous pouvons décider d'arrêter d'en manger. Dans de telles circonstances, nous sommes lucides sur le lien entre la cause et l'effet. Cependant, alors que nous pensons qu'il faut faire attention à ne pas produire de karma négatif pour éviter de générer de la souffrance, nous n'arrêtons pas pour autant d'agir négativement car nous n'avons pas encore intégré le lien entre la cause et l'effet. La seule façon d'intégrer la connexion entre ce que nous expérimentons et la cause créée antérieurement, est d'approfondir encore le sens de l'enseignement en y réfléchissant. De même, ce n'est pas facile de définir ce qu'est une action positive. Observant le type d'actions que nous exprimons à travers le corps, la parole et l'esprit, nous allons être de plus en plus sincères. Le samsara n'est pas quelque chose d'extérieur à nous-mêmes, il est en nous. C'est nous qui le générons à travers nos actions et si nous ne sommes pas conscients de ce qu'est le cycle des existences, nous ne pourrons pas nous en libérer. Nous pourrions utiliser le dharma pour aménager notre vie dans le samsara chaque fois que se présente une difficulté ou un problème, alors que si nous prenons conscience du type d'actions que nous accomplissons, nous devenons de plus en plus clairs, lucides et sincères sur nous-mêmes et nos choix. C'est ce qu'ont fait les grands bodhisattvas. Ils ont été conscients des effets de leurs actions et ont transformé leur attitude. Cette sincérité va nous amener à nous ouvrir aux autres. Conscients du fonctionnement du samsara, nous reconnaissons la situation de l'autre, comment est produite la souffrance de l'autre la bienveillance s'élève naturellement et une attitude d'amour et de compassion prend place dans l'esprit. L'état d'esprit juste est fondé sur la compréhension de notre propre situation et elle se développe avec la vigilance. Si nous voulons nous libérer de la confusion, il est nécessaire de développer cette compréhension de nous-mêmes qui induit une réelle bienveillance, sinon nous allons tourner en rond dans le samsara. Avec le développement de la compassion, il est beaucoup plus aisé de rencontrer nos émotions et de les utiliser sur le chemin. De plus, au-delà des émotions, la compassion nous permet de dissiper l'ignorance et de mieux comprendre sa nature. Par exemple, du point de vue de la valeur, il y a une différence entre l'humain et l'animal. Mais du point de vue de l'expérience personnelle, il n'y a pas de différence entre les deux l'expérience de la souffrance est la même.

action faite de soi meme sans reflexion